La savane des esclaves au Trois Ilets, Martinique

Lors de mes pérégrinations touristiques à proximité de notre studio à l'Anse Mitan, je suis tombé sur cet endroit fabuleux qu’est La savane des esclaves. Il s’agit d’un site qui a pour but de promouvoir le patrimoine et l’histoire de la Martinique.

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Passionné d’histoire, j’ai été happé par l’atmosphère des lieux dès mon arrivée. Les petites cases construites dans le style du 19e siècle donnent tout de suite un aperçu de ce qu’a dû être la vie des esclaves dans les plantations à l’époque. Tout a été fait pour que les visiteurs soient tout de suite dans l’ambiance : allées en terre battue, toiture en feuille de canne, palissades en bois et j’en passe.

Un endroit chargé d’histoire

Évidemment quand on visite un lieu comme La savane des esclaves, on doit s’attendre à voir beaucoup d’histoire. Je n’ai pas été déçu. Le musée « mémoire de nos ancêtres » m’a donné l’occasion de découvrir l’histoire de cette partie des Caraïbes d’une autre manière. Avec ses sculptures grandeur nature et ses tableaux. Toute l’histoire de l’esclavage y est retracée : depuis la mise en place du « code noir » qui règlementait les droits de propriété des maîtres sur les esclaves, en passant par le marronnage et les conséquences terribles des tentatives de fuite des esclaves. Et pour finir la libération qui avait délivré des milliers d’hommes de femmes et d’enfants de leur condition plus que misérable. Si on opte pour la visite guidée, on a droit à des explications détaillées sur chaque période, les questions avaient été très nombreuses dans mon petit groupe.

Une fois la visite du musée bouclée, on atterrit ensuite au village d’Antan Lontan, où des cases rudimentaires vous attendent : toiture en feuille de canne et sol en terre battue. J’ai trouvé l’intérieur de ces cases très touchant. Gilbert Larose, le propriétaire des lieux, a tenu à rendre l’endroit aussi authentique que possible, il a donc recréé aussi fidèlement qu’il l’a pu aux récits de ces ancêtres ces cases. On peut y trouver un espace très réduit, pratiquement aucun effet personnel et très peu d’ustensiles. Des affichages ont été posés ici et là pour expliquer aux visiteurs que les esclaves vivaient dans le dénuement le plus total surtout qu’ils n’avaient aucun droit et encore moins celui de posséder quoi que ce soit.

Ces petites cases accueillaient des familles entières d’esclaves dans le temps. Et la routine de la vie quotidienne a été mise en scène, tellement que j’ai eu l’impression d’être projeté des siècles en arrière dans le temps. Ce fût une expérience aussi émouvante que déroutante.

Des jardins et des plantes médicinales

Après toutes les tensions accumulées lors de la visite du musée, la visite des jardins a été un réel moment de détente pour moi. J’ai pu voir de plus près les plantes endémiques qui ont fait et font toujours la renommée de l’île. J’ai pu admirer plusieurs variétés d’hibiscus qui m’on ébloui par l’éclat de leur couleur. Le Basilier pendula, une merveilleuse cascade de vert, de rouge et de jaune. Dans son milieu naturel, cette fleur était ce que j’ai jamais vu de plus exotique dans mes voyages.

Il y avait aussi un jardin pour les plantes médicinales. J’ai appris que ce genre de jardin était absolument indispensable à une époque où la médecine moderne n’avait pas encore atteint l’île. J’ai profité de cette occasion pour me refamiliariser avec toutes les recettes de grand-mère sur comment guérir un rhume, une grippe. J’ai aussi particulièrement apprécié découvrir comment étaient soignées les blessures des esclaves en cas d’accident ou de punition, notamment pour éviter les infections et les amputations.

À côté des jardins, j’ai aussi pu visiter les potagers riches en légumes de saison et des fruits tropicaux en tout genre. Le domaine produit des ignames, des patates douces, mais aussi des ananas, des goyaves. Et bien sûr le manioc et la canne à sucre deux produits phares dans les activités du site.

Les activités en familles

Moi, j’ai fait la visite en solo. Cependant je conseille l’endroit aux parents qui voudraient initier leurs enfants à l’histoire. Car malgré le sujet un peu lourd, l’endroit est vraiment magnifique. Partout où on regarde, il n’y a que verdure et soleil éclatant. De plus La savane des esclaves organise chaque premier samedi du mois un atelier où les visiteurs peuvent s’initier à la fabrication de cassaves.

Les cassaves ce sont ces galettes que l’on fabrique avec de la farine de manioc. Très plates et assez grandes pour servir d’assiettes, ces galettes sont visibles dans presque toutes les recettes de la cuisine martiniquaise. La savane des esclaves a une « case au manioc », une étape incontournable où on peut voir tous les ustensiles nécessaires à la fabrication de la fameuse galette si on a raté le samedi atelier cassaves.

J’ai également pu découvrir dans cet endroit comment on fabrique les bâtons de cacao. Ça a été une expérience fascinante de voir comment les esclaves procédaient à l’extraction du jus de canne avec le matériel rudimentaire qu’ils avaient.

Là où le temps se suspend

La savane des esclaves est un endroit qui m’a fasciné, un concentré d’histoire sur 2 hectares de terrain dans l’une des campagnes les plus vertes que j’ai jamais vues. L’endroit fait quand même bon vivre, les guides très sympathiques et les découvertes quasiment illimitées. De plus les tarifs sont très abordables et on peut choisir librement de faire appel ou non à un guide. Il est aussi possible de faire la visite avec le propriétaire et de vivre l’histoire à travers le vécu de sa famille au fil du temps.

Ce qui faisait le charme de ce site historique, c’est que la reconstitution des constructions, des dispositions de l’endroit a été faite sur la base d’histoires transmises de génération en génération dans la famille du propriétaire, ce qui donnait vie à l’endroit. Rien n’était figé, on est bien loin des musées habituels.

Je recommande l’endroit aux familles avec des enfants : il y a beaucoup d’espaces, et même s’il n’y a aucune aire de jeu prévu pour les enfants ce ne sont pas les endroits où jouer et se reconnecter avec la nature qui manquent.

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