Musée de la Pagerie, Trois Ilets, Martinique

La pagerie, maison de l'impératrice JosephineFéru d’histoire depuis toujours, je suis le genre de personne à toujours vérifier qu’il y a un lieu ayant une valeur historique à l’endroit où elle pose le pied, et cela quelle que soit la destination ou la nature du voyage : vacances, affaires ou autres. C’est ainsi que lors d’un voyage en Martinique je tenais absolument à aller voir ce fameux Musée de la Pagerie où est née Yeyette, future Joséphine de Beauharnais, première impératrice de France.

Ce musée se situe à proximité de notre résidence vacances, pour deux personnes, avec piscine à l'Anse Mitan.

Beyond The Beach

La Petite Guinée

C’est le surnom très affectueux, sans doute, que les propriétaires ont donné au domaine du temps où Joséphine y était née et y avait vécu. À l’époque, les 500 hectares qui constituaient la propriété étaient entièrement voués à la production de sucre : plantations de cannes à sucre, raffinerie, tout était effectué sur le domaine. Toute l’activité de la Petite Guinée était donc centrée autour de la sucrerie. Mais les 300 esclaves que comptait le domaine devaient aussi travailler pour la production de l’indigo, du coton, du cacao et du café.

Rien que pour cette raison, La Petite Guinée est déjà un endroit chargé d’histoire qui mérite que l’on s’y attarde : 300 vies y sont irrémédiablement attachées et d’une manière abominable au domaine. Un devoir de mémoire se serait imposé de toute façon et il aurait eu pour résultat de retracer l’histoire de ces pauvres âmes et leur sinistre destin.

Mais la Petite Guinée est surtout devenue un musée à cause de Yeyette. Yeyette c’est bien sûr Joséphine, jolie créole qui a tellement impressionné le général Bonaparte qu’il avait décidé d’en faire son épouse. Et cela malgré ses dents gâtées, ses nombreux amants et sa ruse. Et c’est ainsi que cette mère de deux enfants d’une première couche, ancienne candidate à la guillotine et séductrice de son État est devenue l’éternelle Joséphine, égérie de Napoléon 1er et Impératrice (pour la vie) des français.

Un parcours atypique qui devrait pousser n’importe quel amoureux de l’histoire à aller venir l’endroit où tout a été possible un jour de 23 juin 1763, en Martinique, dans la sucrière au doux nom de la Petite Guinée.

La sucrerie de Joséphine

À l’origine la sucrerie qui faisait 500 hectares était dominée par la maison de maître, grande bâtisse qui accueillait la famille de propriétaire. Laquelle bâtisse n’a pas été épargnée par les malheurs. Elle a  été en partie soufflée par un ouragan en 1766, la famille l’abandonna pour élire domicile dans la sucrerie. Mais cette dernière n’est pas non plus dans les meilleures formes, il faut bien l’avouer.

Bref, la plantation n’a pas été épargnée par le temps et ce qui est resté, c’est le moulin où étaient distillées les cannes à sucre produites par la plantation. Ce moulin est aujourd’hui devenu l’endroit où on accueille les visiteurs. Il y a aussi la petite église où la future impératrice a été baptisée, l’église des Troit-Ilets a ainsi une plaque commémorative sur sa façade en l’honneur de ce fameux baptême, à côté de la plaque commémorant le centenaire du trépas de son non moins fameux mari en 1921.

C’est en 1929 que les autorités locales ont décidé de faire du domaine de la Pagerie un musée en l’honneur de l’impératrice. Le maire a donc dû s’accommoder de ce qui restait encore debout, à savoir les ruines de la maison de maître, le moulin et les anciennes cuisines qui sont devenues le musée à proprement parler.

Comparé à nos autres musées c’est bien maigre, d’autant plus que dedans il n’y a pas grand-chose de personnel à l’impératrice, à part son lit de jeune fille, quelques souvenirs familiaux, quelques documents, des photos et des bustes. Mais j’ai quand même trouvé l’endroit très émouvant. Car le visiteur est « obligé » de broder sa propre histoire de ce que devait être la vie d’une jeune fille à l’avenir aussi atypique dans un endroit aussi retiré de la France.

Moi en tout cas je m’y suis adonnée à cœur joie. D’autant plus que l’atmosphère des lieux s’y prête à merveille : le calme, le soleil, le chant des oiseaux et que de la couleur à perte de vue. Entre la visite des ruines de la maison principale et la découverte de la petite maison qui servait de cuisines, j’ai eu le temps de refaire des dizaines de scènes de parties de cache-cache et de saute-mouton.

Un endroit à visiter en famille

Alors si vous voulez faire découvrir l’histoire à vos enfants, je vous conseille vivement le musée de la Pagerie, pour peu que vous soyez en vacances en Martinique : le domaine est chargé d’histoire même si le musée en lui-même n’est pas très grand, ils pourront s’imprégner de l’histoire et rester concentrés assez longtemps pour retenir l’essentiel. Et surtout ils pourront profiter du magnifique jardin qui entoure le domaine et se familiariser avec la nature et se détendre à profiter du soleil.

Quant aux grands, vous aurez tout le temps de vous faire une opinion plus avisée de ce personnage haut en couleur et très controversé en Martinique. La légende veut en effet qu’elle ait expressément demandé à son auguste époux de revenir sur l’abolition de l’esclavage prononcé lors de la Révolution française pour faire main-basse sur son ancienne plantation.

Aujourd’hui encore, l’image de Yeyette Joséphine est fortement malmenée au pays : buste décapité et « ensanglantée » ou plutôt barbouillée de rouge et les vandales qui jouent allègrement à cache-cache avec les autorités pour récidiver.

Moi en tout cas, j’ai réellement apprécié cette étape de mon voyage, l’endroit est vraiment magnifique, et bien qu’il n’y ait pas énormément de chose à voir, j’ai eu le temps de réellement m’imprégner de l’histoire de lieu, de retrouver un peu de cette tranquillité qui devait être la sienne durant son enfance dorée.

Mais après, j’avoue que j’aurais préféré voir un peu plus de traces de ses esclaves pendant la visite. Une partie de son histoire est irrémédiablement liée à celle de ces 300 esclaves qui ont contribué à faire d’elle ce qu’elle était devenue.

Quoi qu’il en soit, j’ai été ravi de faire la connaissance de Yeyette Joséphine, heureuse mère de deux enfants, grand-mère de Napoléon III. Elle a survécu à un mari inconséquent, la guillotine, la pauvreté puis un divorce. Toute une histoire !

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